Les frais de notaire (ou frais d'acquisition) sont des frais incontournables lors de tout achat immobilier. Contrairement à ce que leur nom laisse entendre, la grande majorité de ces frais ne revient pas au notaire lui-même : ce sont des taxes reversées à l'État et aux collectivités territoriales. En 2026, ils représentent entre 7 et 8 % du prix d'achat dans l'ancien, et seulement 2 à 3 % dans le neuf.

La composition des frais de notaire

Les frais de notaire se décomposent en trois grandes catégories :

  1. Les droits de mutation (ou droits d'enregistrement) : la part la plus importante. Reversée à l'État, au département et à la commune. En vigueur dans l'immobilier ancien depuis que la TVA a été retirée de cette assiette.
  2. Les émoluments du notaire : la rémunération réglementée du notaire, calculée selon un barème dégressif fixé par décret. Environ 0,8 à 1,5 % du prix, selon le montant de la transaction.
  3. Les débours : remboursement des frais avancés par le notaire pour les formalités (état hypothécaire, documents d'urbanisme, géomètre, etc.). Environ 300 à 600 €.
PosteAncienNeuf
Droits de mutation5,80665 %0,715 % (droits d'enregistrement réduits)
Émoluments du notaire~0,8–1,5 %~0,8–1,5 %
Contribution de sécurité immobilière0,10 %0,10 %
Débours (frais divers)~300–600 €~300–600 €
Total estimé7–8 %2–3 %

Ancien vs neuf : des taux très différents

La différence majeure entre immobilier ancien et neuf tient aux droits de mutation :

Dans l'ancien, les droits de mutation s'élèvent à 5,80665 % dans la quasi-totalité des départements (composés de la taxe départementale à 4,50 %, de la taxe communale à 1,20 % et des frais d'assiette de 0,1065 %). Seuls 4 départements appliquent un taux réduit de 3,80 % (la liste peut varier d'une année à l'autre).

Dans le neuf (logement acheté en VEFA ou maison neuve jamais habitée), la TVA (20 %) est intégrée dans le prix affiché. Les droits de mutation sont donc très réduits (seulement 0,715 %). C'est pourquoi les frais de notaire ne représentent que 2 à 3 % dans le neuf.

Exemple concret pour un bien à 250 000 € :

Type de bienFrais estimésMontant
Immobilier ancien~7,5 %~18 750 €
Immobilier neuf (VEFA)~2,5 %~6 250 €

Les droits de mutation en détail

Les droits de mutation se décomposent précisément ainsi :

  • Taxe départementale : 4,50 % (modulable par le département entre 3,80 % et 4,50 %)
  • Taxe communale : 1,20 % (fixe, calculée sur la base de la taxe départementale)
  • Frais d'assiette et de recouvrement : 2,37 % × taxe départementale = environ 0,1065 %
  • Total : 4,50 % + 1,20 % + 0,1065 % = 5,80665 % dans les départements au taux plein

Ces taxes sont réparties entre le département (qui en perçoit la majorité pour financer ses dépenses sociales et d'infrastructures) et la commune (qui reçoit une fraction via un prélèvement calculé par l'État).

Peut-on réduire les frais de notaire ?

Les marges sont limitées mais il existe quelques leviers :

  • Déduire la valeur du mobilier : si le bien est vendu avec des meubles (cuisine équipée, dressing, etc.), leur valeur peut être déduite du prix immobilier servant de base aux droits de mutation. Cette pratique est légale mais doit rester raisonnable et correspondre à la valeur réelle des meubles.
  • Opter pour le neuf : les droits de mutation sont quasi nuls dans le neuf, compensant en partie la TVA incluse dans le prix.
  • Négocier les émoluments de rédaction d'acte : la part de rémunération libre du notaire (environ 15-20 % de ses émoluments totaux) peut être négociée pour les transactions importantes.
  • Achat en SCI : dans certains cas, l'achat via une SCI peut permettre de bénéficier du régime de cession de parts sociales (moins taxé que la vente immobilière directe), mais cela est réservé à des situations spécifiques et doit être validé par un notaire.
À retenir
  • Les frais de notaire représentent 7–8 % dans l'ancien, 2–3 % dans le neuf.
  • La majorité est constituée de taxes reversées à l'État et aux collectivités (droits de mutation : 5,80665 %).
  • Les émoluments du notaire (sa rémunération) représentent seulement 0,8–1,5 % du prix.
  • Seuls 4 départements appliquent un taux réduit de 3,80 % sur les droits de mutation.
  • La valeur des meubles peut être déduite de la base taxable si elle est justifiée et raisonnable.

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Questions fréquentes

Les frais de notaire sont-ils négociables ?
Partiellement. La majeure partie des frais de notaire est réglementée (droits de mutation, émoluments proportionnels) et ne peut pas être négociée. En revanche, les honoraires libres (émoluments de rédaction d'acte complexe, conseils spécifiques) représentent une fraction négociable, surtout sur les transactions importantes. Certains notaires peuvent consentir des remises allant jusqu'à 20 % sur la part d'honoraires libres.
Les frais de notaire sont-ils déductibles des impôts ?
Pas pour une résidence principale. En revanche, pour un investissement locatif, les frais de notaire peuvent être déduits des revenus fonciers (si vous optez pour le régime réel d'imposition) ou amortis sur plusieurs années pour les locations meublées soumises au BIC. Pour les travaux et les locaux professionnels, des règles spécifiques s'appliquent.
Combien de temps après la signature doit-on payer les frais de notaire ?
Les frais de notaire sont versés lors de la signature de l'acte authentique de vente (ou lors de la remise des fonds pour une VEFA). En pratique, le notaire vous demande une provision lors du compromis (souvent 5 à 10 % du prix), puis le solde et les frais définitifs lors de la signature de l'acte. Les frais provisionnés sont ajustés après la transaction une fois l'ensemble des taxes calculées précisément.