La prime de 13e mois est une rémunération supplémentaire correspondant généralement à un mois de salaire brut, versée en une ou plusieurs fois au cours de l'année. Contrairement à une idée reçue, elle n'est pas imposée par la loi de manière générale : son versement est conditionné à l'existence d'un accord collectif, d'un usage d'entreprise ou d'une clause contractuelle.

Est-elle obligatoire ?

La prime de 13e mois est obligatoire uniquement si elle est prévue par l'une des sources suivantes : la convention collective de branche (ex : métallurgie, bâtiment), un accord d'entreprise, le contrat de travail individuel, ou un usage d'entreprise (pratique constante, générale et fixe, établie depuis au moins trois exercices consécutifs).

En l'absence de ces sources, l'employeur est libre de la supprimer, de la modifier ou de ne pas la verser. Si elle constitue un usage, sa suppression exige une dénonciation de l'usage avec information des représentants du personnel et délai raisonnable.

Comment est-elle calculée ?

Dans la grande majorité des cas, la prime de 13e mois est égale à un mois de salaire brut de base, hors primes variables, heures supplémentaires et avantages en nature. Certains accords intègrent cependant ces éléments dans la base de calcul. La référence est généralement le salaire du mois de versement ou la moyenne des 12 derniers mois.

Elle est versée en totalité ou en plusieurs fractions (souvent moitié en juin, moitié en novembre ou décembre). Certaines conventions prévoient un versement unique en novembre ou décembre, d'autres le lissent sur l'année (1/12 chaque mois, versé en solde en fin d'année).

Traitement fiscal et social

La prime de 13e mois est soumise aux cotisations sociales (comme tout salaire brut) et est imposable à l'impôt sur le revenu. Elle supporte donc le prélèvement à la source au même titre que le salaire mensuel. Elle n'est pas assimilée à une prime exceptionnelle (qui peut bénéficier d'exonérations dans certains cas) et ne peut pas être exclue de la base de cotisations.

À noter : le versement en une seule fois peut créer un effet de "saut de tranche" ou augmenter ponctuellement le taux de prélèvement à la source du mois concerné. Ce phénomène est automatiquement régularisé lors de la déclaration annuelle.

Cas particuliers et prorata

En cas d'arrivée ou de départ en cours d'année, la prime est généralement proratisée au temps de présence, sauf accord plus favorable. Un salarié entré en juillet et dont l'accord prévoit une prime en décembre percevra en principe 6/12 de la prime annuelle.

Les absences (maladie, congé maternité, etc.) peuvent également réduire la prime si l'accord le prévoit. Toutefois, l'arrêt maladie lié à la grossesse ne peut pas entraîner une réduction selon les règles de non-discrimination. Les congés payés légaux (5 semaines) sont toujours considérés comme du temps de présence.

À retenir
  • La prime de 13e mois n'est pas légalement obligatoire : son versement dépend de la convention collective, de l'accord d'entreprise ou du contrat.
  • Si elle constitue un usage d'entreprise (pratique constante ≥ 3 ans), l'employeur ne peut la supprimer qu'après dénonciation formelle.
  • Elle est soumise aux cotisations sociales et à l'impôt au même titre que le salaire mensuel.
  • En cas de départ en cours d'année, elle est généralement proratisée au temps de présence.
  • Son montant correspond habituellement à un mois de salaire de base brut.

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Questions fréquentes

La prime de 13e mois est-elle incluse dans le calcul de l'indemnité de licenciement ?
Oui, si elle est versée régulièrement, elle entre dans la rémunération brute de référence utilisée pour calculer l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement (et de rupture conventionnelle). La base de calcul est le 1/12 de la rémunération des 12 derniers mois ou le 1/3 des 3 derniers mois, selon la formule la plus avantageuse.
Peut-on verser la prime en plusieurs fois ?
Oui, l'employeur peut fractionner le versement si l'accord ou l'usage le prévoit. Certaines entreprises versent 50 % en juin et 50 % en novembre, ou 1/12 chaque mois avec solde en fin d'année. En l'absence de règle précise, le versement en une seule fois en décembre est la pratique la plus répandue.
La prime de 13e mois est-elle prise en compte pour l'ARE ?
Oui. Le salaire journalier de référence (SJR) servant au calcul de l'ARE est calculé à partir de l'ensemble des rémunérations brutes perçues au cours des 12 mois précédant le dernier jour travaillé, incluant la prime de 13e mois. Cela peut donc augmenter sensiblement votre allocation journalière.